Les villages détruits

Durant les deux premières années de la guerre, les habitants ont abandonné leurs terres. En 1915, les officiers et soldats utilisaient ces villages comme refuges, cantonnements ou dortoirs. Devant la menace d'attaque allemande, les villages furent mis en état de défense, afin de constituer des centres de résistance dotés d'abris, de créneaux de tir, de barbelés, de boyaux, de barricades.

Ornes était en première ligne depuis l'automne 1914. Le 21 février 1916, le début de la bataille de Verdun scelle le destin de 10 villages, modestes communes rurales dont les maisons se groupaient autour de l'église et du cimetière où reposaient les aïeux. Beaumont, Bezonvaux, Louvemont, Haumont, Ornes, Douaumont, Vaux, Fleury, Cumières disparaîtront totalement pendant ces mois de pilonnages où les obus français et allemands vont créer ce paysage lunaire devenu mythique.

Le bombardement commença à démolir les maisons, puis les combats d'infanterie s'y déchaînèrent. Le village de Fleury fut pris et repris seize fois entre le 23 juin et le 18 août 1916.

Les obus ne cessèrent de s'acharner sur les ruines, éparpillant pierres et tuiles, tandis que l'incendie dévorait les débris de charpente. Les clochers s'écroulèrent. Seules subsistèrent les caves, servant d'abris aux combattants ou de postes de secours aux blessés. Elles furent également éventrées, écroulées, comblées. Finalement, il ne subsista plus que des cratères aux parois truffées de vestiges de matériaux concassés. Des villages, il ne restait plus que des noms, des emplacements théoriques sur des cartes d'état-major.

Quant à Gremilly, il était en première ligne côté allemand, et fut écrasé par l'artillerie française en 1917-1918.

L'armistice du 11 novembre 1918 fit taire les canons. La paix ne permit même pas aux habitants de revenir car la contrée était morte, sans arbres, sinistrement peuplée de squelettes ou de cadavres desséchés en uniforme bleu horizon ou vert de gris, farcie de dangereuses munitions non explosées.

L'État déclara une majeure partie de cette étendue « Zone rouge »

 

Des monuments s'édifièrent :

Sur la commune de Fleury-devant-Douaumont

  • le cimetière national de Douaumont
  • l'ossuaire de Douaumont
  • le monument André Maginot, celui du 30ème Corps d'armée, celui des Israélites...

 

Sur la commune de Beaumont

  • le monument aux morts des 56ème et 59ème B.C.P. où repose le colonel Driant

 

A Douaumont, la tranchée des baïonnettes, etc.

 

Au début des années vingt se déroula l'expropriation des terrains afin de constituer la "Zone rouge". La loi du 24 avril 1923 créa deux grandes forêts domaniales, celle de Verdun et celle du Mort-Homme. A titre d'hommage, les communes ont survécu administrativement, un maire est nommé par le Préfet. L'État a versé des indemnités de dommages de guerre qui servirent à édifier des monuments aux morts et une chapelle commémorative à l'emplacement de l'ancienne église paroissiale.

Aujourd’hui la nature a repris ses droits. Des plantes sauvages, des arbustes, des sapinières d'épicéas  apaisent ces lieux martyrisés.

 

Plusieurs partenaires œuvrent maintenant à l'entretien et à la valorisation des sites concernés, avec le soutien du ministère des anciens combattants et victimes de guerre :

  • le Souvenir Français, la plus ancienne association vouée aux tombes et monuments,
  • le Comité National du Souvenir de Verdun, créé en 1951 par Maurice Genevoix, écrivain et ancien combattant du 106ème R.I. aux Éparges,
  • l'Association Nationale du Souvenir de la Bataille de Verdun, émanation du comité créée en 1972 pour ouvrir à un public plus large ce "champ de mémoire".

 

Les sites désolés ont été valorisés et embellis, et les touristes arpentent en tout sens, surtout Fleury et Douaumont, particulièrement entretenus. Des maisons ont été reconstruites. Trois de ces villages élisent aujourd'hui un maire : Vaux (60 habitants), Douaumont (10 habitants) et Gremilly.

Les villages détruits

COMITÉ DE LA VOIE SACRÉE ET DE LA VOIE DE LA LIBERTÉ - 1 avenue du Corps Européen - 55100 Fleury-devant-Douaumont - Tél. 03 29 84 35 34 - Fax : 03 29 84 45 54
© 2017 .